Des Histoires comme dans les films, le genre de chose qui ne m'arrivera jamais.
C'était un Jeudi de Mai, aussi commun que les autres. Un jour de chaleur et de pluie. le monde s'agitait, les parapluies s'ouvraient, se refermaient, les gens se réunissaient sous les abris bus, un jeune homme courait sur le pont, abrité de son sac de cours, . Des enfants criaient sous la pluie. Les voitures les éclaboussaient en passant à vive allure. Un Jeudi comme les autres. Le bus s'arrêta, les gens montèrent, le jeune homme aussi. Il réussit à s'asseoir au fond, un peu en hauteur, d'ici on voyait tous les gens du bus, jusqu'au chauffeur. Son regard s'arrêta sur un enfant qui pleurait. Il était presque étouffé par les adultes, mais une main le prit et l'emmena jusqu'à un siège. La main d'une jeune fille d'environ 15 ans, elle le porta et le fit s'asseoir sur ses genoux. Un sourire apparut sur le visage du jeune homme. Un peu de bonté dans ce monde de sauvages. Petit à petit, le bus se vidait, le terminus étant pourtant encore loin. L'enfant avait disparu. La jeune fille avait le regard fixé sur l'extérieur. Elle rêvait sûrement. Son casque sur les oreilles, elle changeait parfois de musique sur son ipod. Le jeune homme l'observait. Il ne restait maintenant plus qu'une dizaine de personnes dans ce bus qui sentait l'humidité et la sueur mais aucun ne voyait ce qu'y s'y passait réellement. Pas une fois, Louise avait tourné la tête pour se rendre compte qu'au fond du bus quelqu'un l'observait, . Pas une fois son regard s'était décollé de la fenêtre. Le Soleil commençait à réapparaître derrière les nuages grisâtres. Dehors, les gens refermaient leur parapluie, dénouaient leurs écharpes, regagnaient leur plus beau sourire. Charles se leva, et alla s'asseoir sur le siège face à Louise. Elle tourna la tête pour observer l'inconnu face à elle, Celui qui venait de troubler sa sérénité. Celui qui troublerait sa journée, ou peut-être bien plus. Leurs regards se croisèrent moins de 3 secondes. Les secondes les plus longues de leur vie. Le silence de mort qui régnait dans le véhicule permit à Charles d'entendre la musique de Louise, relativement forte. C'était une douce mélodie. Pas le genre de musique que les jeunes écoutent. Seulement un solo de guitare sèche, une musique douce et des paroles tristes. Il bougea légèrement les lèvres, en récitant les paroles, presque inconsciemment. Louise ri, le plus joli rire qu'il n'avait jamais entendu et tout commença par un "Tu aimes ?" Ainsi commençait une discussion sur les musiques inconnues, la guitare, les paroles, leur signification. De temps en temps, un silence gêné prenait place où leurs regards s'enlaçaient. Le soleil brillait dehors, on s'attendait presque à voir apparaître un arc-en-ciel. Chacun savait que le terminus approchait, que tout se terminerait dans une dizaine de minutes,
mais ils profitaient du moment présent. Ils profitaient de quelques minutes de bonheur, où les problèmes disparaissaient. Où chaque seconde en face d'elle lui serrait le coeur. Où chaque seconde avec lui, n'était qu'une multitude de frissons qui parcouraient son corps. Les portes s'ouvrirent, les deux jeunes gens descendirent. "Où vas-tu?" prononça-t-elle d'une voix légèrement incertaine. On entendit à peine une réponse, "Nul part" avait-il chuchoté. Une bise froide et chacun partit de son propre côté. deux côtés opposés. Elle se dit avec un pincement au coeur que tout a une fin. Il se dit en frissonnant que ce n'était qu'un au revoir. Quelques mètres et il regretta de l'avoir laissée partir. Quelques mètres encore et il voulut la rattraper sans en trouver le courage. Une main se glissa dans la sienne, une main douce et délicate. Celle qui avait sauvé un enfant des pleurs, il y a une petite heure. Celle qui le sauverait lui. Et de nouveau, leurs regards se croisèrent. Elle chuchota "Nul part, c'est aussi là où je vais". Pas de baiser final, pas de "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants" Seulement deux êtres qui sans le savoir s'étaient chercher toute une vie, s'étaient trouvés dans un bus un jeudi matin et s'étaient enlacés tout cela grâce à un solo de guitare sèche aux paroles tristes et entraînantes.
